Paul-Victor DUQUAIRE
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PHILOSOPHIE / ART PLASTIQUE
INVITATION À LA FRONTIÈRE



Dans le cadre du projet NBorder je suis amené à proposer à tous les participants qui se sentiront
en affinité avec le thème de la « frontière » un atelier en deux temps autour de la « signification » de la frontière.

L’objectif global est de sensibiliser au « visible » et à l’ « invisible » de la frontière en ayant à cœur
de cerner leur « contradiction » (Adorno) au niveau social, mais aussi de comprendre l’entremêlement
de l’un et de l’autre au niveau individuel comme un « entrelacs » ou un « chiasme » (Merleau-Ponty).
Il ne s’agit pas seulement de cartographier à froid, mais de faire l’expérience de la limite où un
renversement des représentations du monde a lieu.

Le premier temps se passe dans le désert des Bardenas Reales. Il est préparatoire au second temps.
Pour ceux que cela intéresse, il s’agit de réfléchir de manière individuelle et collective aux lieux frontière
de votre propre travail, c’est-à-dire aux contradictions en jeu. Concrètement, cette phase s’effectue
sans moi : vous êtes confronté à l’objectif de circonscrire votre travail dans les mots, à le définir,
à le situer par rapport à des courants historiques et des références, à livrer également vos ambitions,
ce que vous recherchez, le « vouloir-dire » (Lacan). Je vous invite à noter vos réflexions dans un moleskine.
Pour aller plus loin, en échangeant avec d’autres sur votre travail ou sur leurs travaux vous toucherez rapidement le caractère double des œuvres qui constituent votre « peau » (Anzieu). Le caractère « intime » ou « subjectif », d’une part, qui traduit ce que vous voulez de votre travail (on se
rappelle Yves Klein qui se définissait comme « peintre » - héritier de Malevitch - et qui, à ce titre, présentait de la peinture : monochromes, anthropométries, femmes-pinceaux…), est de nature différente avec son caractère « public » ou « objectif » d’autre part, c’est-à-dire la manière dont les autres perçoivent votre travail ( si Klein s’est dit peintre, il est surtout apparu pour les autres comme un « nouveau réaliste », un artiste conceptuel traversé par la problématique de l’immatériel ; avec lui « l'art a définitivement basculé dans la morale, et l'esthétique dans l'éthique » a ainsi pu écrire son critique fidèle Pierre Restany).

L’objectif de ce premier temps est d’abord d’amener les participants à prendre conscience de ce qu’ils veulent, de vous amener donc à identifier l’essentiel ce que vous voulez exprimer et à comprendre ce que les autres reconnaissent de votre travail ; ensuite il vous est demandé de formuler dans le champ du langage les frontières de votre travail sous leur double aspect subjectif et objectif ; enfin de construire le discours de votre positionnement dans le champ de l’art contemporain, c’est-à-dire votre « identité narrative » (Ricoeur) .
Voici quelques interrogations qui peuvent illustrer, par leur formulation basique, un certain type de contradiction inhérent à la frontière.

Le second temps se passe à Pau, au Bel Ordinaire. Pour ceux qui auront été intéressés par le premier temps, il s’agira de procéder à un entretien filmé d’une heure sous ma conduite qui fonctionnera en trois moments.

Vous exposerez d’abord votre territoire dans vos mots, et vous pourrez si vous le souhaitez montrer des éléments de votre travail à la caméra.
Ensuite, je procéderai à un entretien semi-directif en rapport avec le « processus créatif » dans lequel nous tenterons de découvrir quelques nœuds clef de l’ « indéfini » qui gouvernent à la structure de votre démarche. Ces nœuds doivent être compris comme les points de « résistance » (Deleuze), les fondements sur lesquels aucun doute n’est possible. Enfin nous tenterons un échange où il sera question d’expliciter l’histoire de votre création, rendant ainsi claires les frontières passées ainsi que l’horizon d’avenir, pour autant que, comme le rappelait Heidegger, horizein veut dire, en grec, « ce qui délimite et enclôt ».
Ceux d’entre vous qui auront suivi l’ensemble de l’atelier pourront également, lors de la conférence que je donnerai sur le thème de la frontière, nourrir l’échange qui s’ensuivra.


Bibliographie :
Bataille, G., Théorie de la religion, Paris, Gallimard, 1973.
Deleuze, G., Qu’est-ce que l’acte de création ?, Paris, Conférence à la Fémis, 1987.
Duquaire, P.-V., « Le processus créateur : une approche fondamentale de la contradiction », in Actes
du Colloque ASLC2009, Ecole des Mines, Saint-Etienne, 19-21 mars 2009.

Heidegger, M., (1935), « L’origine de l’œuvre d’art », in Chemins qui ne mènent nulle part, tr. fr.
Wolfgang Brokmeier, Paris, Gallimard, 1962, 37.
Merleau-Ponty, M., Le visible et l’invisible, Paris, Gallimard, 1964.
Restany, P., (1960), Manifeste des nouveaux réalistes, Paris, Dilecta, 2007.
Ricoeur, P., Soi-même comme un autre, Paris, Le Seuil, 1990.

paulvictorduquaire@gmail.com


Philosophe et homme d'affaires, initiateur de l'Electrobolochoc, mon cheminement a progressivement croisé les parcours des créateurs au point que la recherche principale dans laquelle je suis impliqué depuis 2005 concerne le "processus créatif" au sens large, celui du peintre, de l'écrivain, mais aussi celui de l'entrepreneur, de l'inventeur et du mathématicien.

Au coeur du noyau de l'Electrobolochoc avec Alessio Moretti, avec Catherine Bondoux, Bruno Van Belleghem, Lyn Nekorimate, Guillaume du Boisbaudry et tous ceux qui ont participé ponctuellement, je suis attaché à la "confrontation" pour ce qu'elle contient de fécondité.

Issu d'une tradition phénoménologique, le problématique de l'identité sous son double rapport subjectif et objectif m'a d'abord occupé sous l'angle de l'histoire des idées, dans la philosophie allemende de Kant, Husserl et Heiddeger. Elle s'est ensuite déguisée en un questionnement sur la possibilité de la logique de la création, actuellement poursuivi dans une recherche doctorale menée à l'Université de Rouen avec Jean-Paul Cléro.

Dans cet esprit j'ai formalisé le processus créatif d'une manière originale en cinq points nodaux, et cherché dans diverses contributions depuis 2005 à mettre mes vues en rapport avec les écrits des créateurs, artistes (Francis Bacon, Roman Opalka) ou architectes (Antti Lovag), mais également avec d'autres théoriciens (Jacques Theureau, Didier Anzieu), sans oublier les philosophes (Alain Badiou, Bernard Stiegler).

Intéressé par les dessous de la pensée au sens large - littérale, chorégraphique, cinématographique etc. - je suis conduit à interroger les dispositifs qui la stimulent et lui permettent d'éclore.

Quelques parutions :

Paul-Victor Duquaire, "Approches contradictoires du processus créatif et nouvelle vue sur la cognition créative.", in "Ateliers sur la contradiction", Bernard Guy (éd.), Presse des Mines, Saint-Etienne, 2009, pp 155-168
"La jouissance", Conférence, La Générale en manufacture, Sèvres, 24 juin 2007
Paul-Victor Duquaire, (2007), "Quid est Electrobolochoc ?", lisible sur www.electrobolochoc.com
Paul-Victor Duquaire, "La naissance de l'égo husserlien et la révélation du Dasein. Etude de la phénoménalisation de l'ipséité cher Husserl et Heiddeger.", in "Les cahiers de l'ATP", Nice, juin 2003.
Repris dans :"Revue du Cercle Niçois de Phénoménologie - Céniphé, N°3, pp. 1-9, 3-7.
Paul-Victor Duquaire, "Introduction à la pensée de Francisco J. Varela (2003) publiée dans "Les cahiers de l'ATP et repris par l'Université du Québec à Montréal :
http://www.unites.uqam.ca/aspects/Duquaire
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